Un autre de mes personnage favoris :
Woody Allen
"Non seulement Dieu n'existe pas, mais essayez d'avoir un plombier le week-end !" Woody Allen est évidemment l'auteur de ce délicieux aphorisme comme d'une quantité d'autres. Il est un talent que l'on oublie souvent de reconnaître au comique new-yorkais, c'est l'écriture. Il le dit d'ailleurs lui-même, le moment qu'il préfère dans la conception d'un film est le stade de l'écriture. Pour certains, et nous partageons ce point de vue, il est même un bien meilleur dialoguiste (tant dans la production que dans l'interprétation) que cinéaste.
Ce juif-athée new-yorkais est né à Brooklyn en 1935. Très tôt, il manifeste une forte tendance à la dérision, mais surtout au non-sens. Son maître absolu est bien sûr Groucho Marx. Son vrai nom est Allen Stuart Konisberg. A l'âge de seize ans, Woody Allen envoie des histoires drôles à différents chroniqueurs de journaux. Après avoir écrit des sketches pour la télévision et d'innombrables chroniques pour des magazines comme Playboy, il décide en 1961 de monter sur les planches. Il arpente ainsi les cabarets et les plateaux de télévision.
Le producteur Charles Feldman le remarque et lui propose de réécrire le scénario de Quoi de neuf Pussycat ? (Clive Donner ; 1965). Deux ans plus tard, le même Feldman lui demande de remanier le scénario de Casino Royale (1967). Entre-temps, Woody Allen a remonté Lily la tigresse (1966), un film d'espionnage japonais, en le commentant et en l'augmentant de quelques séquences. C'est son premier long métrage. Il enchaîne en 1969 avec une comédie intitulée Prends l'oseille et tire-toi, puis est le héros de Tombe les filles et tais-toi d'Herbert Ross (tiré de sa pièce Play it again Sam), une de ses rares prestations dans un film qu'il n'a pas mis en scène -il renouvellera l'expérience avec Le Prête-nom de Martin Ritt en 1976.
En tant que réalisateur, Woody Allen se tourne d'abord vers la satire et le burlesque (jusqu'à Guerre et amour en 1975). Le grand public voit en lui un petit bonhomme à lunettes d'une épouvantable maladresse. Toutefois, celui-ci se dévoile par le biais d'oeuvres autobiographiques aux sujets plus graves mais non dénuées d'humour : Annie Hall, Oscar du Meilleur réalisateur et du Meilleur scénario en 1978), Intérieurs , fortement inspiré par Ingmar Bergman, et Manhattan (1979). A partir des années 80, Mia Farrow, qui deviendra par la suite la seconde épouse de Woody Allen, s'illustre dans plusieurs de ses films, dont Une autre femme (1989), Alice (1990) ou encore Maris et femmes (1992). Durant la même période, le comédien-cinéaste puise son inspiration chez Pirandello pour La Rose pourpre du Caire (1985), Tchekhov pour Hannah et ses soeurs (Oscar du Meilleur scénario en 1987), et Kafka pour Ombres et brouillard (1991).
Dans les années 90, marquées par la séparation avec Mia Farrow et le scandale qui a suivi, Woody Allen, toujours adulé par les cinéphiles européens, dirige de jeunes stars hollywoodiennes comme John Cusack (Coups de feu sur Broadway en 1994), Mira Sorvino (Maudite Aphrodite en 1995), Edward Norton (le pétillant Tout le monde dit I love you en 1996) ou encore Winona Ryder et Leonardo DiCaprio (Celebrity en 1998). A partir de 2000, il alterne de pures comédies (Escrocs mais pas trop, son plus gros succès au box-office américain, et Le Sortilège du scorpion de Jade) et de brillantes réflexions sur la création artistique comme Hollywood ending, Anything else.
En 2005, il esquisse ses théories sur la comédie et le drame avec Melinda et Melinda avant d'aborder sa carrière sous un nouvel angle. Pour la première fois, il tourne un film hors de Manhattan, une tragédie londonienne avec la jeune première Scarlett Johansson : Match point.